La présidence de la République
Élue au suffrage universel direct pour cinq ans. Le président détermine la politique générale de l'État, nomme et révoque le chef du gouvernement et les ministres, dirige la diplomatie et la défense, et dispose du pouvoir réglementaire. Il peut soumettre des textes au référendum.
Le gouvernement
Conduit par un chef du gouvernement nommé par le président et responsable devant lui. Il applique la politique définie par la présidence et gère l'administration. Les ministères clés en pratique : Intérieur, Finances, Affaires sociales, Agriculture (souveraineté alimentaire), Commerce (approvisionnement et prix).
Le pouvoir législatif
L'Assemblée des représentants du peuple (ARP) vote la loi et le budget. Depuis 2022, ses membres sont élus au scrutin uninominal à deux tours, sans listes de partis — les candidats se présentent à titre individuel.
Le Conseil national des régions et des districts est la seconde chambre, composée d'élus issus des conseils locaux et régionaux. Il intervient notamment sur le budget et les plans de développement.
La justice
L'ordre judiciaire comprend les tribunaux de première instance, les cours d'appel et la Cour de cassation. Le Tribunal administratif traite les litiges avec l'administration ; la Cour des comptes contrôle les finances publiques.
La gouvernance du corps judiciaire — nomination, mutation, discipline des magistrats — est le point le plus disputé. La réforme de 2022 du Conseil supérieur de la magistrature et les révocations de magistrats qui ont suivi ont fait l'objet de recours et de prises de position contradictoires entre le gouvernement et les associations de magistrats.
Les instances et corps intermédiaires
L'ISIE organise les élections. La Banque centrale de Tunisie (BCT) conduit la politique monétaire et défend le dinar — son degré d'indépendance vis-à-vis du Trésor est un sujet récurrent. L'Institut national de la statistique (INS) publie l'inflation, le chômage et les comptes nationaux.
Hors de l'État, l'UGTT (syndicat de salariés), l'UTICA (patronat), l'Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'homme pèsent historiquement sur les grands arbitrages : ce sont eux qui ont dénoué la crise de 2013.
