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Économie

L'économie tunisienne en clair

Dette, inflation, chômage, subventions : les chiffres structurants et les arbitrages qu'ils imposent.

Fiche mise à jour le 1 juillet 2026

Avertissement sur les chiffres

Les ordres de grandeur donnés ici servent à comprendre la structure du problème, pas à citer une valeur exacte à une date précise. Pour un chiffre à jour, la seule référence est l'INS, la BCT ou le rapport pays le plus récent du FMI ou de la Banque mondiale.

Les quatre tensions structurelles

1. La dette publique. Elle a franchi le seuil des 70-80 % du PIB dans les années 2020, contre environ 40 % avant 2011. Le service de la dette et la masse salariale publique absorbent une part écrasante du budget, ce qui laisse peu de marge pour l'investissement.

2. La masse salariale. La fonction publique représente une proportion du PIB parmi les plus élevées au monde. Elle est aussi un amortisseur social : chaque emploi public fait vivre plusieurs personnes. La réduire sans alternative crédible est explosif ; ne pas la réduire étrangle le budget.

3. Les subventions. Carburants, céréales, électricité. Elles protègent le pouvoir d'achat mais bénéficient proportionnellement davantage aux ménages qui consomment le plus. Le remplacement par des transferts monétaires ciblés est techniquement documenté et politiquement bloqué depuis 1984.

4. Le secteur informel. Une part majeure de l'activité échappe à l'impôt et à la protection sociale. C'est un amortisseur de crise réel — et une base fiscale perdue qui reporte la charge sur les salariés déclarés.

L'inflation et le quotidien

Après 2021, l'inflation a atteint des niveaux inédits depuis les années 1990, dépassant les 10 % en glissement annuel sur plusieurs périodes, avec des pointes plus fortes sur l'alimentaire. Elle se combine à des pénuries ponctuelles sur certains produits subventionnés — un phénomène lié aux difficultés de paiement des importations et aux circuits de distribution.

Concrètement : le salaire nominal ne bouge pas, le panier de courses grimpe, et les gens font l'expérience directe de l'appauvrissement. C'est de loin la première préoccupation exprimée dans les enquêtes d'opinion.

Le débat sur le FMI

Pour un accord : il débloque des financements concessionnels, rassure les autres bailleurs, et évite que l'État ne se finance auprès des banques locales — ce qui assèche le crédit aux entreprises et bride la croissance.

Contre un accord : les conditionnalités (gel de la masse salariale, levée des subventions, restructuration des entreprises publiques) ont un coût social immédiat sur une population déjà éprouvée, et les précédents de 1984 et 2018 ont produit des explosions sociales. La souveraineté de la décision économique est aussi un argument politique fort.

Les deux camps s'accordent sur un point : sans réforme du modèle productif — investissement, exportation, formalisation de l'économie — aucun financement extérieur ne règle le problème de fond.

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